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Activités - Rencontres de discussions

Actes de la Table ronde:"Dispersion des cendres"

 

Devrait-on interdire la dispersion des cendres de personnes incinérées et obliger les familles à les déposer dans des cimetières?

 

M. Tremblay dépose des cendres en terre

 

Samedi 24 mai 2014 à Sherbrooke : Résumé des interventions

Afin de discuter de cette question et de ses conséquences, la Fédération Écomusée de l’Au-Delà a organisé une table ronde à laquelle participaient André Lépine, professeur retraité en thanatologie et ancien propriétaire d’entreprises funéraires, fervent défenseur de l’idée d’imposer le dépôt des cendres dans un cimetière; Alain Tremblay, fondateur de l’Écomusée de l’Au-Delà, qui s’oppose à l’idée de contraindre la population à déposer les cendres dans les cimetières, et le philosophe Jacques Dufresne, qui, pour sa part, s’est demandé si la popularité de la crémation ne serait pas un signe de la rupture du lien des humains avec la nature. Ce résumé de conférence est suivi de quelques commentaires des participants.

Préambule

En 2012, l’ancien ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, déposait le projet de loi n° 83, la Loi sur les activités funéraires. Ce projet de loi, qui n’a pas eu le temps d’être adopté, instituait un nouveau régime juridique applicable aux activités funéraires afin d’assurer à la fois la protection de la santé publique et le respect de la dignité des personnes décédées. Le chapitre V de la loi, qui traite spécifiquement de la question de la disposition des cendres humaines, n’a pas retenu la proposition de l’ensemble de l’industrie funéraire qui réclamait l’obligation du dépôt des cendres dans des cimetières. C’est un sujet qui divise les tenants des libertés individuelles et certains protecteurs du patrimoine et de l’industrie funéraire. Il soulève des questions très importantes concernant l’avenir des cimetières. Par exemple, la dispersion des cendres humaines dans un cours d’eau ou autre lieu est-elle moins digne que l’inhumation des cendres avec les ancêtres dans un cimetière traditionnel?

Points de vue des conférenciers

André Lépine
Professeur retraité en thanatologie
et ancien propriétaire d’entreprises funéraires

Crémation un mode désiré, mais la dispersion une inconséquence

Pour peu qu’on se renseigne sur les sépultures qui ont eu cours à travers les âges on verra qu’elles sont toujours pour les archéologues des sources de connaissances constantes, et des révélations surprenantes nous viennent des recherches minutieuses de ces scientifiques.

Sur le territoire du Québec, nous ne pouvons passer sous silence les résultats de recherches de René Levesque, archéologue, qui trouva, il y a une quarantaine d’années, des tumulus de crémation contenant des artéfacts révélateurs des us et coutumes des nations datant de plus de 11 000 ans, dans des anfractuosités rocheuses sur la Basse-Côte-Nord. Il a laissé un ouvrage à ce sujet.

Lors d’un voyage que j’ai eu le plaisir de faire en Tunisie il y a environ cinq ans, on venait de mettre à jour des informations entourant une forme de tour dont on ne savait pas l’usage, et il s’avère que c’était, dans l’âge d’occupation romaine, un lieu de disposition des cendres de corps d’enfants.

Ces informations me donnent à croire qu’au fil des millénaires il y avait donc chez l’homme un désir de définir et de localiser les lieux de disposition des restes humains après crémation.

Les restes même des enfants n’étaient donc pas en général laissés aux vautours même si cela s’avère une habitude chez quelque peuple en lointaine Asie ou chez les gens de l’Inde. Quelques cas récemment vécus au Québec me donnent à frémir. Une personne que je connais a dispersé les cendres d’un frère dans sa cour près de sa piscine, et trois ans après son conjoint meurt et elle doit vendre la maison : elle est déçue, encore après trois ans, de sa décision. Une autre garde l’urne des cendres de sa mère à la maison et par malheur, deux ans plus tard, sa maison brûle: les cendres étaient dans une urne en bois et on ne trouve plus rien. Ses frères et sœurs sont en poursuite pour négligence. Et j’en ai d’autres sans cesse. Tout cela pour une grave erreur d’un autre René Levesque, qui, alors qu’il s’en allait en campagne, lors d’un conseil de ministres, a décidé de supprimer, dans les règlements en 1983, la petite phrase qui disait qu’on devait déposer les cendres dans un columbarium ou dans un cimetière à moins qu’une personne n’ait de son vivant exprimé le désir qu’il en soit autrement. Depuis, avec les modifications du Code civil de surcroit, combien de nos morts tombent dans l’oubli avec le temps avec seule référence très mince de cinq mots qu’on peut retrouver sur un certificat de décès, à moins de demander un extrait du registre au Directeur de l’état civil, qui ne livre rien du lieu de sépulture quand les restes furent remis à une personne proche, sans même donner son adresse.
Si je ne me trompe, nous sommes la seule province à faire silence effrontément des personnes qui ont constitué ce que certains ont appelé ce grand peuple. Gladstone aurait écrit : « Montrez-moi de quelle façon un peuple s’occupe de ses morts et je peux vous dire avec un certain degré d’exactitude les idéaux élevés de sa population. » Que pourrait-il dire de nous.

Nous avons un grand nombre de cimetières et combien d’espaces y sont disponibles pour inhumer simplement devant les monuments actuels des cendres sur des lots à l’abandon. RAL.

***

Alain Tremblay
Directeur adjoint,
Fédération Écomusée de l’Au-Delà

Ma présentation sera très simple. Je me contenterai de reprendre la position que nous avions prise le 27 mai 2010 dans une lettre que nous faisions parvenir à Monsieur Claude Couture de l’Agence de la santé et des services sociaux de la capitale nationale. La lettre avait pour titre : Dispersion des cendres

Monsieur,

Le ministère de la Santé et des Services sociaux, responsable de l’application de la loi concernant les cimetières et la disposition des dépouilles mortelles a mis en place un comité de trois personnes afin de faire des propositions dans le but de modifier la loi LRQ., C.L.-0.2 Des consultations ont eu lieu en 2009 auxquelles nous n’avons pas été invités à y participer.

Nous avons appris par les médias que de nombreux groupes tels que l’Association des thanatologues du Québec, l’Association des cimetières catholiques romains du Québec (regroupement de 250 cimetières catholiques et qui rejoint 700 cimetières au Québec) et les propriétaires de salons funéraires, demandent que les cendres des défunts soient considérées comme un corps et destinées obligatoirement à être conservées dans un lieu de commémoration reconnu. Les arguments les plus souvent utilisés par ces groupes pour justifier leur position sont :

Que l’on se doit d’avoir un respect pour les cendres comparable à ceux que nous avons pour le corps humain;

Qu’il faut éviter des situations comme celle où les cendres d’un défunt sont disposées sans le respect requis.

Que la conservation des cendres dans une résidence privée peut avoir des répercussions sur le plan psychologique, même physique. Ils donnent l’exemple d’une jeune fille de 10 ans qui aurait déjà été physiquement malade à cause de la présence des cendres de sa sœur; l’urne était placée sur la table de la cuisine!

Certains opposants ont des réserves face aux entreprises funéraires :

Qu’ils s’imaginent mal finir leurs jours sur une tablette de columbariums;

Qu’ils préfèrent de loin retourner à la nature et, surtout, à l’endroit de leur choix, comme au pied d’un arbre.

Attendu que la notion de respect due aux morts est une notion très relative à une époque ou à une culture;

Attendu que les cas de gestion des cendres susceptibles de provoquer des conséquences pathologiques chez certains individus ne sont que des cas isolés qui ne peuvent être invoqués pour imposer à tous une règle de gestion;

Attendu que la possibilité qu’un changement d’affectation du lieu où furent dispersées ou inhumées les cendres peuvent tout aussi bien s’appliquer à un cimetière traditionnel qu’à un autre endroit choisi par le défunt ou sa famille.

Attendu l’importance que les survivants ont généralement accordée aux dernières volontés des défunts;

Attendu la dimension symbolique importante relative au geste de disperser les cendres (retour à la nature)  ̶  le feu est un des grands symboles de l’énergie psychique; la puissance régénératrice du feu : l’oiseau Phénix qui périodiquement se consume et renaît de ses cendres; le signe de la légèreté de l’âme qui s’envole, etc.;

Attendu que, souvent, la personne qui veut faire disposer ses cendres en un lieu spécifique le fait parce que c’est l’endroit qu’elle a le plus aimé ou l’endroit où elle a été la plus heureuse;

Attendu qu’à travers le monde de nombreuses cultures pratiquent le rituel de dispersion de cendres (par exemple, la dispersion des cendres dans le Gange, une des sept rivières sacrées de l’Inde)  ̶  le vœu le plus cher pour un hindou est d’être incinéré à Bénarès et que ses cendres soient jetées ensuite dans le Gange, fleuve sacré de vie et d’espoir;

Attendu que les cendres, même dispersées, restent localisées (dans la mer, sur une montagne, dans une rivière, dans l’espace, etc.);

Attendu qu’il n’a jamais été démontré qu’il existe un lien nécessaire entre la résolution du deuil et le contact et / ou la proximité avec les restes mortels;

Attendu qu’il existe de nombreux exemples d’hommages aux défunts par le biais de monuments commémoratifs sans qu’il y ait nécessairement proximité des restes mortels et que la dimension (thérapeutique-réconfortante) semble être appréciée; 

 

L’Écomusée de l’Au-Delà, organisme à but non lucratif, fondé en 1991 pour préserver et faire connaître le patrimoine funéraire au Québec, considère, malgré son désir de préserver les cimetières et de voir la tradition de regrouper dans un même lieu les restes mortels de tous,

Que le geste de dispersion des cendres constitue un rituel de sépulture très répandu dans le monde et qu’il implique une importante charge émotive et symbolique et qu’il importe de ne pas entraver le développement de ce nouveau rituel chez nous;

Qu’il serait souhaitable que les administrateurs de cimetières aménagent dans les cimetières des lieux spécifiquement destinés à la dispersion et fassent preuve d’une plus grande ouverture face aux nouveaux rituels.

L’Écomusée de l’Au-Delà propose que les cimetières du Québec s’ouvrent aux nouveaux rituels de sépultures telle la disposition des cendres dans des sections spécialement aménagées à cette fin. Nous considérons que les administrateurs de cimetières devraient également envisager la possibilité de poursuivre leur développement en misant particulièrement sur la mémoire des défunts, que les cendres soient présentes ou non dans les cimetières.

***

Jacques Dufresne, éditeur de L’Encyclopédie de l’Agora et du portail Homo Vivens

Inhumation ou incinération

Je suis en faveur de l’inhumation, tout simplement parce qu’elle m’apparaît étroitement liée à l’incarnation : le corps est uni à la terre comme l’âme est unie au corps. Dans le mot « inhumation », il y a le mot « humus », lequel désigne la partie vivante du sol. Ce passage du grand poème de Paul Valéry, Le cimetière marin, dit ce que je pense en profondeur :

Ils ont fondu dans une absence épaisse,
L’argile rouge a bu la blanche espèce,
Le don de vivre a passé dans les fleurs!
Où sont des morts les phrases familières,
L’art personnel, les âmes singulières?
La larve file où se formaient les pleurs.

Le don de vivre a passé dans les fleurs. Le lien universel entre la mort et les fleurs est ici évoqué en quelques mots.

L’inhumation s’apparente à cette symbiose avec la nature dont nous aurons grand besoin si nous voulons sauver la planète… et nous-mêmes.

Le même attachement à l’incarnation me fait voir l’importance de la présence des morts dans un lieu déterminé et stable.

Si beaux que puissent être les symboles et les cérémonies liés à l’incinération, je ne peux m’empêcher de les relier à ce monde virtuel vers lequel nous glissons, et dans lequel nous risquons tous de nous évaporer.

Dans son résumé de la position adoptée par l’Écomusée, Alain Tremblay a fait état de tous les choix que peuvent faire les familles quand vient le moment de disposer des cendres. Ce culte du choix correspond bien à la mentalité actuelle et à la conception dominante de la liberté. Il n’empêche que je suis surtout frappé par l’effet dissolvant qu’il a sur les cultures. Dans le groupe réuni à Sherbrooke le 24 mai, il y a eu unanimité, m’a-t‑il semblé, quand j’ai rappelé qu’il n’y aurait jamais eu de cultures, si le choix individuel avait toujours été la règle comme il l’est aujourd’hui.

Cela dit je ne vois ni comment ni pourquoi on pourrait imposer l’inhumation aux gens. Et je vois toute l’importance de l’aspect économique de la question.

Il faudrait toutefois mettre cet aspect économique en balance avec l’aspect écologique, bien présenté dans un ouvrage récent de Philippe Bihouix, intitulé L’âge des low tech 1 :

Quelques ultimes (si je puis dire) recommandations sur les pratiques funéraires. Il faut privilégier l’inhumation à l’incinération, pour des raisons triviales de consommations d’énergie, sans parler de l’émission de polluants, comme le mercure des amalgames dentaires. On voit apparaître des cercueils en bambou, en paille (voilà qui est mieux) mais l’idéal serait de pouvoir être enterré dans un simple linceul en chanvre grossier, au coin d’un bois, pour amender les sols. Les arbres pousseront fort bien grâce au phosphate de calcium des os. Pourquoi vouloir ralentir la vitesse de décomposition des corps avec un cercueil en bois imputrescible?

Je terminerai avec cet épigramme de Martial au sujet de l’inhumation d’une jeune esclave : « Ô terre, ne sois pas lourde sur elle, qui fut si légère sur toi. »

  1. Éditions du Seuil, Paris, 2014.

 

***

Commentaires des participants

Louise Dusseault-Letocha
Présidente, Fédération Écomusée de l’Au-Delà

À la suite de la Révolution tranquille, nous avons rompu avec les rites qui entouraient la naissance et la mort. L’histoire de l’Humanité nous enseigne qu’autant qu’il en soit des croyances, ces étapes cruciales de l’existence sont signalées d’une manière ou l’autre. Nous nous devons de trouver sens et de faire sens devant ces étapes fondamentales de l’existence. L’incinération pratiquée de plus en plus et appuyée par une conscience environnementaliste interroge maintenant la mise enterre. Et le geste de disperser les cendres à tout vent, s’il est poétique, questionne la suite dans le temps les traces de l’existence de notre peuple.

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Jean Simard, ethnologue

Quelle est la place légitime des cendres humaines dans une perspective philosophique? Quelle est de la même façon la place légitime des restes humains dégradés par le temps? Y a-t-il une différence de nature? Le temps seul fait la différence. « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière », répétait chaque année le curé au temps du mercredi des cendres de notre enfance. Quelqu’un a-t-il déjà pensé, autrefois et maintenant, d’éparpiller les restes humains comme on le fait des cendres? Si nos prédécesseurs avaient eu la mauvaise idée de le faire, où irions-nous aujourd’hui épancher nos sentiments amoureux du patrimoine funéraire?

 

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Brigitte Garneau, présidente
Pierres mémorables

La liberté de déposer les cendres humaines dans un lieu de son choix est-elle vraiment un choix ?

 

En 2012, au Québec, la remise des cendres cinéraires à une personne de sa famille représente 7 % [1] . On sait que cette personne conserve les cendres à domicile, les inhume dans un lieu privé ou les disperse à sa guise. Par ailleurs, après avoir fait incinérer le corps de leurs proches, un grand nombre de Québécois ne viennent pas récupérer les urnes cinéraires auprès des entreprises funéraires. Ces dernières sont tenues légalement de les conserver durant six mois et peuvent ensuite les éliminer.
Pour les pauvres, ce libre choix de déposer les cendres en dehors d’un lieu de mémoire légalement constitué n’en est pas vraiment un. Ils les enfouissent dans un jardin, dans un parc public, dans une forêt, dans un lieu qui ne coûte rien, ou ils les jettent à l’eau, quand ils ont accès à une rivière, à un lac ou à un cours d’eau. Ils cachent l’endroit où ils les ont déposées. Lorsqu’ils gardent les urnes dans leur résidence, ils éprouvent souvent des difficultés à amorcer leur deuil. Comme il n’y a habituellement qu’une personne qui conserve les cendres, sauf quand il y a fractionnement, plusieurs membres d’une même famille sont privés d’un lieu pour visiter leur mort, au moment où ils en éprouvent le besoin, et d’un lieu marqué du souvenir de leur proche, parfois nécessaire pour guérir ou pour pardonner.

Le règlement du gouvernement du Québec sur le devenir des cendres cinéraires qui permet, depuis mai 1981, leur dépôt en dehors de lieux légalement constitués, que ce soit dans des columbariums privés sans protection pour le consommateur ou dans la nature, est grave de conséquences. Que nous soyons pour ou contre la crémation, les Québécois y ont recours dans une proportion de 78,9% dans la région de Québec. Même si c’est beaucoup moins dans la région de Montréal, où les minorités culturelles – Italiens, Grecs, musulmans, Asiatiques – sont plus présentes [2] , on doit se questionner sur la place légitime des cendres humaines, dans une perspective philosophique, sociologique, géographique, juridique, écologique, anthropologique et humaniste.


[1] Source : Yvon Rodrigue, 2013, observations et données personnelles.
[2] Source : Michel Boutin, 4 avril 2014, Conférence sur l’acquisition de Lépine Cloutier et d’Urgel Bourgie en décembre 2012 et le capital de développement.

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Jean Décarie, urbaniste retraité

La dispersion des cendres est sans doute la forme de sépulture la plus ancienne, la plus simple et normale, sinon la plus écologique. L’incinération préalable, en effet, produit du CO2 et réduit l’ apport biologique de l’enterrement, mais il serait difficile pour autant de l’interdire puisqu’elle a été acceptée par l’Église catholique depuis les années ‘60, qu’elle fait déjà au moins 70% des sépultures en Occident et bien plus ailleurs, comme en Inde, et qu’elle fait l’affaire (sic) des cimetières, commerciaux et même confessionnels  ̶  de plus en plus commerciaux eux-mêmes!  ̶  qui ont besoin de moins d’espace et de personnel et profitent aussi de la construction de columbariums très recherchés, plus simples à exploiter et plus rentables que les mausolées.

Par contre, pour des raisons évidentes mais opposées, ils sont contre la dispersion des cendres ainsi générées, d’abord dans les cimetières, mais maintenant surtout à l’extérieur, ce qui leur cause une importante perte de clientèle et de revenus et menace même leur vocation sinon leur existence. Pourtant la dispersion des cendres reste un choix personnel incontestable qui ne pose aucun réel problème sociétal ou environnemental - sinon dans le Gange!  ̶  que ce soit dans le jardin familial ou sous un arbre, dans une prairie ou une forêt, dans un ruisseau, un lac ou dans le fleuve.

Ceci dit, une telle pratique devrait rester assez marginale et il faudra alors couvrir la réalité et la majorité des demandes de dispersion dans les cimetières. Cela pourrait se faire dans la perspective d’une municipalisation des cimetières, en commençant par les ruraux pour en assurer le maintien en cas d’abandon, mais en s’étendant à tous les cimetières par un statut municipal minimal mixte, y compris aux grands cimetières confessionnels et privés urbains, désormais confrontés à l’intérêt de s’ouvrir à la dispersion des cendres qui pourrait leur être réservée comme pratique usuelle, répondant ainsi aux grands objectifs d’un tel statut, à savoir la reconnaissance et l’encadrement de la sépulture comme fonction publique, mais aussi comme patrimoine matériel et immatériel immémorial.

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