La réfection l’échangeur Côte-des-Neiges qui aura pour conséquence de bloquer définitivement la circulation en direction du mont Royal risque de déborder sur les deux cimetières qu’il abrite. La Fédération a lancé une pétition, reproduite ici, et elle invite ses lectrices et ses lecteurs à en prendre connaissance et à la signer. NDR

Texte de la pétition

Alors que le Bureau du mont Royal parachève son travail afin de doter la Ville de Montréal d’une vision globale de l’accessibilité et de la mobilité sécuritaire sur le mont Royal, l’administration Plante, obsédée par sa guerre anti-voiture, se prépare à autoriser son service de la voirie à démolir l’échangeur Côte-des-Neiges pour le remplacer par une simple intersection en T, similaire à celle antérieure à la construction de l’échangeur dans le cadre de l’ouverture de la voie Camillien-Houde en 1959. Pire, celle-ci, dont la section Remembrance avait été séparée en deux voies distinctes, est aussi ramenée à une seule et simple voie à deux directions, avec tous les problèmes de congestion et de dangers de collisions en pente que cela peut occasionner.

Pourquoi? Simplement pour provoquer sciemment une congestion automobile qui espère- t-elle, dissuadera les automobilistes d’utiliser les chemins Remembrance et Camillien- Houde pour traverser la montagne. C’est près de 40 millions qui seront dépensés pour essayer de contrer les conclusions du récent rapport de l’Office de consultation publique sur le maintien de la circulation de transit sur le mont Royal! Plutôt que de saisir l’opportunité de cette réfection pour souligner la plus ancienne entrée vers le Mont-Royal et améliorer la fluidité de la circulation automobile sur Côte-des-Neiges, le Service d’urbanisme a plutôt demandé à son service de voirie de dessiner une trappe à automobilistes qui certes en dissuadera certains à utiliser ce chemin, sans se préoccuper de réfléchir et prévoir les risques des effets pervers que provoquera sa solution. En effet, que se passera-t-il quand il y aura congestion? Les petits futés d’automobilistes qui connaissent bien la montagne utiliseront nos deux grands cimetières pour transiter. Et que feront les administrateurs des cimetières? Ils fermeront les portes au sommet. Et voilà ce qui adviendra de l’accessibilité et de la mobilité sur le mont Royal!

La vaste majorité de la population est plutôt d’accord avec l’idée de réduire la circulation automobile sur la montagne. Elle fait cependant une distinction importante entre le transit de plaisance et le transit utilitaire, celui qui ne cherche qu’à gagner du temps en prenant ce raccourci. D’autres solutions, moins draconiennes sont possibles pour régler ce problème de surutilisateurs.

La présente pétition à deux objectifs : demander à la Ville de Montréal d’organiser une consultation publique sur la question de la réfection de l’échangeur et demander à la ministre de la Culture du Québec d’intervenir afin d’obliger la Ville à plus de rigueur. Assez l’improvisation et l’amateurisme. La Ville de Montréal doit, dans un premier temps, compléter sa réflexion à propos de la vision globale sur l’accessibilité à la montagne et ensuite, travailler avec ses partenaires qui sont regroupés à la Table de concertation du Mont-Royal et la population afin de saisir l’occasion de ses travaux d’infrastructure pour faire de cette entrée un projet emballant et dans l’intérêt de la montagne. L’urgence d’agir pour justifier sa précipitation n’a jamais été démontrée.

URL de la petition

La sortie en salle de ce film d’horreur américain est prévue pour avril prochain. L’oeuvre cinématographique a été réalisée par Kevin Kölsch et Dennis Widmer. Il pourrait s’agir d’un remake du film Simetierre mis à l’écran il y a 30 ans par Mary Lambert et adapté du roman homonyme de Stephen King, paru lui en 1983. Pour les amateurs du genre.

Affiche du film

Deuxième de la série « Curiosités », voici  Curiosités des Cantons de l’Est.Celles-ci sont marquées par le cadastre des cantons et des homesteads hérités des colons américains. Un membre de Pierres mémorables, Bernard Genest, a rédigé les textes. Il nous fait fréquenter tour à tour 100 sujets des régions de Sherbrooke, Coaticook, Memphrémagog, Brome-Missisquoi, et La Haute-Yamaska, Le Val Saint-François et Asbestos, Le Haut-Saint-François et Le Granit. On y découvre des endroits connus dont on ignorait l’histoire et des sites nouveaux dont on méconnaissait l’existence. L,auteur développe son propos avec des éléments architecturaux, légendaires et géographiques qui donnent du relief et de la profondeur à tous les objets et personnages évoqués. Sous sa plume, chaque bâtiment, parc, lac, magasin général, pont, gare, complexe industriel, grange ou sentier devient patrimonial, quand il n’est pas déjà désigné comme tel.

Curiosités des Cantons de l’Est

Pour nos amateurs de cimetières et de commémoration, on retiendra la manière tout à fait inédite de raconter l’histoire des populations qui ont occupé le territoire, qu’elles soient Abénaquises, Françaises, Anglaises, Loyalistes américaines, Irlandaises, Écossaises, Canadiennes anglophones et francophones, à partir de pierres mémorables. Ces monuments commémoratifs, stèles funéraires, cercle de pierres, banc de granit, rochers, dalles d’ardoise taillées au ciseau, muret de pierre sèche, borne frontalière, pétroglyphes, même des pointes de flèches, sont des curiosités insoupçonnées, même pour des gens ayant vécu dans le coin, et donnent envie d’y retourner ! Le livre, très bien documenté, est là pour nous y convier. On veut l’offrir en cadeau, mais on finit par le retenir, pour replonger dans chaque découverte.

Le prix du concours «Votre Sherbrooke», organisé par Les éditions du Péricarde, est attribué cette année à Bernard Genest pour son texte L’oncle Valmore, qui raconte la vie de l’un de ses oncles, le Dr Valmore Olivier. Gageons qu’un autre prix l’attend, conjointement avec ses collègues les photographes Pierre Lahoud et Vincent Ranallo, par ailleurs historiens et grands communicateurs, pour ce magnifique ouvrage qui illustre avec autant d’originalité les Cantons de l’Est, situés au sud du Québec!

Les pierres tombales nous parlent: la vieille partie du cimetière Saint-Charles à Québec : 1855-1967

La notion de patrimoine funéraire, qu’il s’agisse du patrimoine bâti ou enfoui, est peu développée de par le monde (CASTELLANOS JUAREZ, Mariana, 2012). Au Québec, ce sont l’histoire, les arts et traditions populaires, l’histoire de l’art, l’ethnologie et l’archéologie qui ont fait avancer les recherches sur ce sujet (SIMARD, Jean; BRAULT, François, 2008). L’anthropologie est restée silencieuse. J’ai délibérément choisi cette voie pour examiner la vieille partie du Saint-Charles, le plus ancien, le plus populeux et le plus vaste cimetière catholique à forte majorité francophone de la ville de Québec.

Mes observations attentives de ce champ des morts m’ont fait découvrir un patrimoine qui garde les traces de l’histoire sociale et religieuse d’un Québec populaire. Des confréries de dévotion laissent leurs noms sur les stations du chemin de croix. Des secteurs sont réservés à des Chinois christianisés. Des sépultures d’enfants baptisés, morts avant l’âge de 7 ans, sont regroupées. Les statues du Sacré-Cœur, de la Vierge Marie, de saint Joseph, des pleureuses et des anges forment un cortège d’offrandes avec lesquelles les survivants invoquent leurs protecteurs, incarnent leur douleur et personnifient leurs défunts.

Ce livre abondamment illustré vous guidera à travers les pierres tombales de grandes familles issues d’une élite marchande et d’ouvriers de la basse-ville de Québec, mais aussi de défunts négligés par la recherche : les femmes, les enfants et les jeunes adultes. Il lève le voile sur une culture funéraire qui a prévalu dans de nombreux milieux jusqu’au concile Vatican II et à la Révolution tranquille. Et, surtout, il redonne à la population les visions de ses ancêtres face à la mort et au-delà, entre 1855 et 1967.

Édité aux Éditions GID, cet ouvrage de 315 pages vous captivera. Il sera lancé officiellement le 8 juin 2017 à Québec avec une invitation spéciale aux membres de la Fédération.

Six Cimetières jardins de la ville de Québec

Depuis 2010, Pierres mémorables a organisé chaque année une visite guidée dans chacun des six cimetières-jardins de la ville de Québec : les cimetières Saint-Charles, Saint-Sauveur, Belmont, Saint-Michel-de-Sillery, Mount Hermon et St. Patrick. À ces occasions, Pierres mémorables a accueilli le grand public qui s’est émerveillé de l’architecture funéraire, de l’histoire de personnages publics et de la beauté de la nature dans ces lieux méconnus. Les commentaires rassemblés lors de ce cycle de visites guidées nous ont incités à concevoir un dépliant promotionnel axé sur le patrimoine historique et sylvicole de ces cimetières, invitant du même souffle la population à les utiliser, la plupart des visiteurs ignorant qu’ils sont toujours en service. Grâce à la participation financière du cimetière Saint-Charles, notre commanditaire principal, à celle des cimetières concernés, à celle d’Yvon R. Rodrigue de l’entrprise funéraire Harmonia, grâce également à la ténacité et à la persévérance de notre relationniste Suzanne Beaumont, un dépliant illustré, accompagné de courts textes et d’une carte de localisation verra le jour au cours de l’été 2017 et sera produit en 5,000 exemplaires.

Le cimetière oublié

Tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin aux cimetières voudront voir ce documentaire de Frédéric Metthé. En 1952, le diocèse de Sherbrooke a décrété que le cimetière du village Notre-Dame-de-Ham devait être déménagé. Ce film raconte l’histoire de ce drame 65 ans plus tard à travers six témoignages tous aussi troublants les uns que les autres, nous dit son réalisateur.

Frédric Metthé, artiste aux multiples talents, poète, musicien, compositeur et réalisateur, présentera son film au Carré 150, l’espace culturel de la ville de Victoriaville, le lundi 20 février prochain dans le cadre du cinéma de répertoire. Une représentation aura lieu à 13h30 et l’autre à 19h30.

Vous êtes invités à le visionner :Cimetière oublié

Vue de l’emplacement où plus de 350 corps abandonnés gisent toujours. Selon les témoins, c’est en face de cette grange que s’élevait l’ancien cimetière. Photo: Frédéric Metthé

L’embaumeur

Non, ce n’est pas un roman policier qui paraîtra sous ce titre en février chez Héliotrope. C’est l’œuvre inclassable d’Anne-Renée Caillé, qui a relevé les conversations avec son père qui exerçait ce métier d’embaumeur par vocation en y mettant tout son cœur. Elle lui fait raconter ses états d’âme en lien avec certains corps qui ont marqué sa mémoire : pompier, prêtre, suicidés du métro, enfants morts accidentelleemnt asphyxiés dans un frigo et bien d’autres.

En juin prochain (2016) , les amateurs de patrimoine archéologique pourront découvrir en librairie une nouvelle publication consacrée à l’archéologie montréalaise, intitulée « Lumières sous la ville : quand l’archéologie raconte Montréal ». Sous la direction d’Anne-Marie Balac et de François Bélanger, une quarantaine d’auteurs, la plupart archéologues, nous font partager leur passion. Ils nous proposent de découvrir des sites majeurs du passé montréalais. Voyage à travers le temps et à travers l’espace insulaire. Nous plongeons dans le Montréal d’avant la lettre, parcouru par des groupes nomades ou semi-sédentaires qui fréquentent le mont Royal et ses alentours, taillent la pierre et enterrent leurs morts… et qui rencontrent un jour un Malouin, Jacques-Cartier, dont le récit ethnographique nous fait passer de la préhistoire à l’histoire. Puis, c’est la petite ville française qui se constitue, avec le fort de Ville-Marie, le Séminaire de Saint-Sulpice, la première église Notre-Dame et son cimetière, la foire des fourrures, le château de Vaudreuil, la première chapelle de pierre de Notre-Dame-de- Bonsecours, les missions, les forts et les moulins qui font le tour de l’île et dont les vestiges se révèlent peu à peu aux archéologues. Le vent tourne et la Conquête survenue, après avoir accosté sur l’île Sainte-Hélène, nous pénétrons dans l’intimité de familles modestes du Faubourg Québec, dans l’activité bourdonnante du marché Sainte-Anne-Parlement du Canada-Uni, dans l’édifice prestigieux de la Royal Insurance Company ainsi que dans le fameux hôtel Rasco, dans le Vieux-Montréal. Sans oublier, bien sûr, les témoins retrouvés du port de Montréal et du canal de Lachine. Enfin, après quelques propos illustrant comment l’archéologie, science du passé, est résolument tournée vers l’avenir, un épilogue poétique nous fait voyager encore plus loin dans le temps, jusqu’aux origines des Montérégiennes et à la lente transformation du paysage montréalais.

C’est dans le cadre de l’Entente sur le développement culturel de Montréal, signée entre la Ville de Montréal et le ministère de la Culture et des Communications, que cette première publication d’envergure sur l’archéologie montréalaise a pu voir le jour. Après une quarantaine d’années de recherches, le temps est venu de redonner aux Montréalais des parcelles d’une longue mémoire et une identité qui leur est propre, inscrite dans le sol. Voilà qui est fait !

Référenec complète:

BALAC, Anne-Marie et François BÉLANGER (dir.), 2016 : Lumières sous la ville : quand l’archéologie raconte Montréal. Collection Signes des Amériques, 15. Recherches amérindiennes au Québec. 307p. Également disponible en version électronique