M. Duhamel est l’idéateur-promoteur du concept de bornes interactives pour la localisation de défunts dans les cimetières. Ces bornes (pour l’instant le cimetière Notre-Dame-des-Neiges en compte trois) comportent clavier, écran et imprimante. Ces bornes connectent les usagers à une plateforme de recherche qui permet de localiser très précisément des défunts dans le cimetière . La plateforme est également accessible à l’usager qui avec une connexion internet se rend sur le site du cimetière. Il était  conférencier invité à la réunion du conseil d’administration de la Fédération Écomusée de l’Au-Delà le 23 mars dernier. Nous résumons ici son exposé qui expliquait la naissance de l’idée d’une telle borne.

C’est lors d’une visite au cimetière Notre-Dame-des-Neiges à Montréal en 1995 qu’il a pris conscience du caractère archaïque du système de gestion de l’information dans ce cimetière.

À la recherche du lieu de sépulture de son père, décédé deux ans plutôt, il se présente au bureau administratif du cimetière et rencontre un préposé. Devant la lenteur de la démarche pour obtenir l’information, il se pose la question: comment peut-on améliorer ce système?

Alors propriétaire d’une entreprise en marketing, il se souvient d’une étude qu’il avait faite auparavant pour l’entreprise Costco, qui consistait à photographier le numéro de plaque des véhicules de ses clients afin de connaître leur lieu de provenance. Il se fait la réflexion qu’un programmeur en informatique de talent pourrait facilement améliorer le processus de recherche et localisation de défunts dans un cimetière. Il rencontre donc le directeur du cimetière, Yoland Tremblay, pour lui parler de son idée et lui présenter son entreprise Intra multimédias. M. Tremblay est séduit et le travail de conception de la borne commence: la numérisation des vieux registres et des fiches du cimetière est entreprise. L’idée semble tellement innovatrice et prometteuse que le journal The Gazette, en 1996, décide de publier un très long article à propos de ce concept en développement.

Quatre ans de travail seront nécessaires pour la mise en œuvre du concept. La CANA (Cremation Association of North America), qui a eu vent du projet, s’y intéresse au plus haut point. Il faut prendre conscience qu’à l’époque de la création de cette association les systèmes informatiques ne sont qu’à leur début et que la CANA n’en est pas encore pourvu. Par contre, deux applications du concept apparaissent clairement, à savoir le développement d’une borne pour localiser les défunts et une autre pour la mémorialisation, c’est-à-dire la création d’un texte virtuel de présentation en lien avec le défunt identifié sur la borne; option à venir.

D’importants cimetières américains s’intéressent à la question, et non les moindres. Entre autres, les très riches cimetières Green Wood, achètent deux bornes. Il en résultera même un très bon article dans le Wall Street Journal et la vente de l’entreprise à des intérêts américains s’en suit.

Cette causerie a suffisamment piqué notre curiosité pour que nous obtenions une prochaine rencontre avec M. Duhamel prochainement. Sûrement qu’il pourra nous raconter plus en détail les péripéties qu’il a vécues afin de mettre au point sa borne. Histoire à suivre.

Usagers de la borne située au bureau des services administratifs du cimetière occupés à consulter la plateforme de recherche pour localiser un défunt dans l’immense jardin des morts de Notre-Dame-des-Neiges (photo: A. Tremblay)

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