Dans l’iconographie funéraire, le cercueil tient une place de choix. À la base, un simple réceptacle, il est devenu un symbole de prestige et un marqueur social, comme le sont les voitures, les résidences et les bijoux. Combien de familles se ruinent afin que, pendant les quelques heures que durent les cérémonies funéraires, l’être cher puisse, de façon ostentatoire, parader dans un écrin de luxe ? Nous sommes loin des boîtes en sapin brut.

Nous posons-nous les bonnes questions lorsque nous choisissons ces cercueils sophistiqués pour ne pas dire alambiqués ? Quels impacts environnementaux ont-ils lorsqu’au fond de la fosse ? Comme ils sont le plus souvent construits en panneaux d’aggloméré (composé de particules de bois liées avec des dérivés de la chimie du pétrole) assortis d’un placage enduit de laques et de vernis à base de polymères de synthèse, ils ne manqueront pas de contaminer le sol et ce, pendant longtemps, sans compter la quincaillerie métallique du cercueil, les textiles et les bourres synthétiques qui capitonnent l’intérieur qui, tous , finiront tous par se décomposer. Même en bois naturel, les cercueils ne sont pas facilement biodégradables. Et on ne parle même pas des cercueils métalliques, souvent munis d’anodes sacrificielles et de joints en caoutchouc, ni  des cercueils doubles (lorsque celui contenant le corps est mis dans un second cercueil).

Nos amalgames et nos prothèses dentaires, nos hanches artificielles et nos stimulateurs cardiaques représentent autant de sources de contamination inévitables. La mort devient encore plus polluante quand, pour avoir droit à une exposition, le corps du défunt est soumis à l’embaumement. Nous polluons déjà par le simple fait de vivre, il serait bien qu’on en perde l’habitude pendant le grand repos.

Ah ! Mais il y a la crémation, direz-vous, en reprenant les arguments du chroniqueur dans ses prétentions voulant que la réduction par les fours soit moins polluante que l’inhumation traditionnelle. Mais celui-ci vous rétorquera que les crémations sont les plus efficientes avec les cercueils de carton. Une crémation dans une boîte de bois aggloméré requiert plus de carburant et de temps, sans compter la pollution que produit la combustion des liants synthétiques contenus dans l’aggloméré ou le contrepalqué. De plus, contrairement aux bois naturels, l’aggloméré brûle mal.  Et tout cela sans compter les coûts écologiques de la combustion à haute température qu’exige la crémation et sans tenir compte des gaz à effet de serre qu’elle génère.

Cercueil en fonte de fer du XIXe, dit À l’Égyptienne, contenant les restes de Audet dit Lapointe, constructeur de l’église, enterré sous la nef, à  Saint-Anselme de Dorchester. Une plaque rotative en fonte dissimule un hublot en verre scellé par lequel il est possible de voir les restes mortels de son propriétaire. (Photo : M. Lessard)

Ce sont nos amis musulmans qui ont les coutumes les plus écologiques . En ette, ceux-ci  enterre leurs défunts sans embaumement. Le corps est mis en terre dans un suaire. Voilà qui est sage. Malheureusement, au Québec, la loi exige pour l’inhumation que le corps soit mis en cercueil.

Pour être plus vert dans la mort, on pourrait exiger un cercueil d’osier, de bois brut ou de carton. D’ailleurs, il existe de plus en plus d’entrepreneurs qui offrent des alternatives intéressantes et créatives. Il suffirait que ceux qui ont le pouvoir effectif de changer les choses s’y mettent : les consommateurs. Consommer, c’est voter. Que les consommateurs se mobilisent, le marché ne leur refuse jamais rien !

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