Aussi vrai que le promeneur demandant indubitablement au pêcheur qu’il croise sur le bord de la rivière si ça mord, l’une des premières questions que le promeneur pose au fossoyeur qu’il rencontre au détour d’une concession est « Mais creusez-vous, l’hiver ? Comment faites-vous ? »

Il fut un temps où les cimetières honnêtes étaient équipés d’un charnier où l’on entreposait les corps jusqu’au dégel suivant. Il faut savoir que la terre gèle parfois jusqu’à quatre pieds, particulièrement lorsqu’il n’y a pas beaucoup de neige, il était alors impossible de creuser; la terre gelée ayant une dureté proche du roc, on ne s’y risquait pas. Par contre, lorsqu’il neige tôt en saison et abondamment, la terre gèle beaucoup moins profondément, car la neige est un isolant très performant. Mais si par malheur il y a un redoux, que la neige fond et qu’il pleut, l’eau pénètre le sol plus aisément et sitôt que le froid revient, le gel s’étend  très loin sous la surface , parfois jusqu’à cinq pieds !

Aujourd’hui, pour autant que la fosse à creuser soit accessible pour la machinerie lourde, un marteau hydraulique est installé sur une pépine qui casse le sol gelé, et une autre pépine enlève ce qu’a cassé la première. C’est deux fois plus de travail qu’à la belle saison. Si le lot est trop en pente ou inaccessible, le cercueil est alors placé dans un entrepôt frigorifique jusqu’au retour des beaux jours, et est inhumé quelques semaines après la fonte des neiges, question que le sol se soit drainé et qu’il soit praticable sans que la machinerie ne s’enlise inutilement dans la boue. Mais une question demeure: comment les Inuits d’autrefois disposaient-ils de leurs défunts avec un sol gelé à l’année? Quelqu’un a la réponse?

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