Manuel de gestion et d’aménagement des cimetières, une agréable surprise

J’ai souvent mentionné dans cette chronique l’important rôle des arbres dans l’aménagement des cimetières et leur impact positif sur la qualité de l’environnement. Pour ce faire, plusieurs critères, comme le choix des essences d’arbres à planter ou leur localisation, doivent être respectés pour assurer le développement d’une canopée riche, diversifiée et en santé. Or, j’ai eu l’agréable surprise de constater récemment que plusieurs de ces critères ont été intégrés dans un manuel de gestion des cimetières diffusé l’été dernier auprès d’un bon nombre d’acteurs et de gestionnaires de ces lieux.

Intégration de chênes anglais dans une nouvelle section (2010-11) du Repos St-François d’Assise. (photo: J.-J. Lincourt)

En effet, lors de son congrès de 2019, tenu en mai dernier, l’Association des cimetières catholiques du Québec a offert aux participants une formation portant sur plusieurs aspects de la gestion et de l’aménagement des cimetières. La loi sur les activités funéraires et le nouveau cadre règlementaire ont d’abord été présentés, suivis de divers aspects de la gestion des cimetières au quotidien. Un manuel couvrant l’ensemble des activités de gestion d’un cimetière  a été présenté. Allant des principes de développement de nouveaux espaces adaptés à la demande, en passant par la tenue des registres, les opérations d’inhumation ou la gestion des mausolées et des columbariums, tout y est ou presque.

Plusieurs chapitres concernant l’entretien de la pelouse, des arbres, des arbustes et des massifs fleuris, complètent ceux traitant des opérations principales de disposition des dépouilles. Ils témoignent d’un souci de faire de ces lieux des espaces verts de qualité. Le manuel  intègre plusieurs éléments et principes essentiels à l’obtention de cette qualité, dont le choix des bonnes espèces et leur localisation au bon endroit. On y traite également de l’aménagement de nouvelles sections en prenant en compte les arbres déjà présents et en prévoyant la plantation de nouveaux, et ce au tout début du processus d’aménagement.

C’est ainsi qu’on obtiendra, le plus rapidement possible, un espace agrémenté d’une canopée mature. Plusieurs références sont données à l’intention des gestionnaires désirant approfondir la question.

Ce manuel a par la suite été distribué par l’archidiocèse catholique romain de Montréal à tous les conseils de fabrique des paroisses du diocèse.

Page couverture du manuel de gestion diffusé par l’Association des cimetières catholiques du Québec (source: J.- J. Lincourt)

Dans plusieurs secteurs de développement du territoire, on constate souvent le peu d’importance accordée à la végétation. Cet élément est souvent vu comme un complément non nécessaire, un luxe dont on peut se passer qui ne sert qu’à embellir et qui n’ajoute rien. Souvent, l’installation d’infrastructures ayant comporté trop « d’extras », on coupe dans le budget des arbres et de l’aménagement paysager. Certains gestionnaires de cimetières, dans leurs opérations régulières, ont aussi tendance à niveler leurs coûts vers le bas, en négligeant ou en éliminant carrément les végétaux de leur site : « C’est trop d’entretien, ça coûte trop cher! ». Ce qu’ils ne savent pas et que l’on constate heureusement de plus en plus, c’est que la nouvelle clientèle apprécie des lieux de repos inspirants, largement végétalisés et empreints de nature.

Dans ce contexte, le manuel présenté par l’Association des cimetières catholiques du Québec arrive à point nommé. Espérons qu’il soit suivi par les acteurs susceptibles d’avoir une influence sur la santé, aussi bien économique qu’environnementale, des cimetières du Québec.

Des plus en plus de clients recherchent  des lieux de repos inspirants largement végétalisés et empreints de nature: Cimetière Notre-Dame-des-Neiges (Photo: A. Tremblay)

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