Nouveau concept pour raviver les cimetières

À l’Université Laval, le 25 avril dernier, Ève L’Heureux, membre de Pierres mémorables, soutenait avec brio son mémoire terminal du programme de diplôme d’études supérieures spécialisées en muséologie. Ce mémoire avait pour titre La protection par l’usage : exploration du modèle de parc-musée.

C’est un stage qu’elle a effectué dans l’entreprise funéraire Magnus Poirier, à Laval, et relaté dans un récent numéro de La Veille (vol. 4, no 3, automne 2016), qui a inspiré à Ève L’Heureux le concept original développé dans son essai. Ce travail de recherche et de réflexion, qui avait pour objectif audacieux d’explorer l’applicabilité d’un concept de musée au patrimoine funéraire, a été encadré par Alain Tremblay et par quelques membres de Pierres mémorables.

Après avoir exposé en détail l’état de la situation et expliqué la problématique de désertion non équivoque de ce patrimoine, Ève L’Heureux a d’abord inventorié les facettes d’intérêt qui le définissent. L’hypothèse de madame L’Heureux est que la sauvegarde des cimetières passe par une augmentation de leur fréquentation, qu’elle associe au début d’une appropriation de ces lieux, laquelle est essentielle à l’apparition d’une réelle volonté sociale de protection des cimetières. Elle a examiné différentes tentatives de mise en valeur de ce type de patrimoine pour en arriver à élaborer un modèle muséologique adapté. Le concept qu’elle privilégie est celui de parc-musée, jusqu’ici sans équivalent dans le monde muséologique, qu’elle définit et justifie en tenant compte des bénéfices de l’expérience immersive que procurent des concepts s’y approchant, tels que la Maison du granit (Écomusée de la Haute-Beauce) et le parc-musée de la mine de Saint-Étienne (Puits Couriot, France).

Une fois son concept défini, elle a poussé la recherche plus avant en définissant les composantes du plan de mise en œuvre :

  • Étude de viabilité et de faisabilité, comprenant un inventaire des ressources humaines et matérielles disponibles. Cet inventaire l’a amené à investiguer toutes les sources de financement existantes, tant publiques (fédérale, provinciale et municipale) que privées (mécénat et entreprises funéraires), tout en gardant à l’esprit l’implication et l’intégration des communautés locales au nombre des ressources humaines à solliciter.
  • Examen des processus de transmission du patrimoine par la définition des parcours devant mener à une expérience multisensorielle et par le support de guides-interprètes, par des activités éducatives et des expositions.

Selon Ève L’Heureux, son concept, bien qu’inusité et comportant quelques embûches, s’avère l’avenue à privilégier puisque ce n’est qu’en redonnant ces lieux à la société par une mise en valeur structurée et respectueuse qu’on redonnera à notre société la mort et son patrimoine et le goût de s’y engager, ou à tout le moins de revendiquer sa protection.

Scène d’été au cimetière Notre-Dame–des-Neiges, (photo : A. Tremblay)

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