Nouvelle chronique

Dans le cadre des célébrations du 25e anniversaire de l’Écomusée de l’Au-delà, en novembre dernier, j’ai été invité, à faire une courte présentation sur mon enfance au cimetière de la Cathédrale, à Saint- Hyacinthe. L’objet de cette présentation prenait mon enfance comme prétexte, mais voulait en fait ouvrir la porte sur un aspect beaucoup plus vaste qui est celui des cimetières en tant qu’espaces verts urbains.

Autrefois, exception faite du traditionnel cimetière situé en terre consacrée autour de l’église du village, on trouvait souvent, pour de multiples raisons pratiques et historiques, les cimetières des agglomérations plus importantes à leur périphérie. Aujourd’hui, la croissance économique continuelle s’étant accompagnée d’un développement urbain dans l’ordre et le désordre la ville a rejoint la périphérie, enclavant parfois les cimetières. Il n’y a qu’à voir l’étendue de toutes ces localités situées le long de l’autoroute 20 entre Montréal et Québec pour constater ce tentaculaire développement des villes. Les cimetières, ainsi devenus partie intégrante du tissu urbain, se transforment en espaces verts très utiles à la préservation d’une certaine qualité du milieu avec, notamment, un apport non négligeable à l’assainissement de l’air et à la lutte aux îlots de chaleur. Encore faut-il qu’ils soient bien pourvus d’une riche canopée, qui est souvent, là aussi pour de nombreuses raisons, déficiente. Nonobstant cet aspect urbanistique, la présence d’arbres dans un cimetière donne du caractère aux lieux et procure de nombreux autres bénéfices.

Petite maison du jardinier du cimetière de la cathédrale, à Saint-Hyacinthe, où grandit l’auteur. L’étonnante construction adjacente est le crématorium. Photo: Jean-Jacques Lincourt

Le verdissement de ces espaces lorsqu’il est bien planifié et bien intégré à la nature des activités qui s’y déroulent – qui, elles aussi, se transforment – devient un enjeu important dans le nouveau rôle que d’aucuns voudront bien leur attribuer. Quels sont ces bénéfices apportés par une canopée? Comment bien positionner les végétaux? Quelles essences choisir, lesquelles éviter? Comment financer ces nouveaux coûts? Ce sont des questions importantes pour les corporations qui administrent les cimetières et qui sont souvent aux prises avec d’autres enjeux éprouvant gravement leurs budgets annuels (églises, bâtiments, inflation des coûts…). Quelques exemples inspirants existent, comme certains cimetières-jardins, bien ou moins bien connus. Dans d’autres cas, des solutions, concepts ou projets mis de l’avant pour d’autres types d’espaces verts, peuvent être une source d’inspiration pour l’aménagement de cimetières. Il reste à les imaginer.

Autant de questions que j’aimerais porter à l’attention et à la réflexion du lecteur de ce bulletin, pour éventuellement susciter des actions de valorisation de nos cimetières, qui sont déjà riches en patrimoines matériel et immatériel. J’ai la conviction que le rôle environnemental qu’ils peuvent jouer, aussi bien dans la préservation de la biodiversité et de ses bienfaits que dans celle de la qualité du milieu de vie des vivants, constitue une autre excellente raison de conserver et valoriser ces sites de grande valeur.

De l’avis de la rédactrice, madame France Rémillard, le sujet mérite un suivi, sous forme de chronique. Chronique que je commencerai d’abord en reprenant le récit de ma petite histoire fait en novembre dernier à la Maison Smith, qui saura, je l’espère, bien faire comprendre mon propos.

Je dédie cette chronique à mon père, grand vivant parmi les morts, décédé alors qu’il habitait encore la maison du cimetière de la Cathédrale en 1992.

À suivre !

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