Pratiques funéraires en mutation et leur impact

La rencontre du 2 novembre dernier qui avait pour thème Pratiques funéraires en mutation et leur impact  s’est tenue au Carter Hall, un lieu plein de charme situé dans le Vieux-Québec, sur fond de panne de courant affectant une grande partie du quartier. Elle a tout de même connu un franc succès puisque tous les participants attendus étaient au rendez-vous. Après un mot de bienvenue et une introduction du modérateur, Jean-Robert Faucher, les présentations se sont succédées à un bon rythme.

Les conférences

C’est Brigitte Garneau, anthropologue, autrice et conférencière qui nous a d’abord tracé un portrait fort intéressant des pratiques funéraires d’autrefois et de leur évolution, de 1845 à 1975. Madame Garneau a remonté le temps jusqu’à une époque où l’embaumement ne se pratiquait pas encore, en ces

Marie-May Morin (1924-1952) décédée en couches à l’âge de 27 ans 11 mois, épouse de Laurent Garneau. Exposition à domicile, Saint-Martin de Beauce, fin mai 1952, chez le père et sa mère de la défunte, M. et Mme Walter Morin ( coll. Brigitte Garneau)

temps où l’on exposait les corps à la maison, sur les planches. Sa présentation nous a permis de constater, nombreuses images et photos à l’appui, l’évolution des pratiques tant dans la perception de la mort que dans les rituels, et nul doute que cette conférence sera reprise dans un avenir rapproché pour les membres de Pierres mémorables qui l’ont manquée.

Ensuite, c’est Yvon Rodrigue, président fondateur de l’entreprise funéraire Harmonia qui a pris la parole. Il nous a raconté le développement de l’industrie funéraire depuis 1973. Un retour sur son expérience en tant que concepteur et fondateur du Parc commémoratif La Souvenance a permis de retracer l’évolution du domaine jusqu’à l’entrée en vigueur en août 2018 de la Loi actuelle sur les activités funéraires.

À son tour, Jacques Poirier, président de Magnus Poirier, nous a entretenus des impacts des nouvelles pratiques sur le cimetière de Laval dont il est administrateur. Selon monsieur Poirier, les changements sociaux, les nouvelles modalités d’inhumation, les apports culturels des communautés musulmanes et roumaines, pour ne citer que celles-ci, sont des nouvelles réalités qui changent les façons de faire. Une plus grande sensibilité quant aux nouveaux besoins de la population ainsi qu’une attention particulière portée aux tendances plus écologiques ont amené des modifications importantes dans les façons de concevoir le cimetière et de le rendre plus attractif.

Dans l’après-midi, c’est David Mendel, historien et président de Visites guidées Mendel, qui nous a raconté la réussite de la transformation du cimetière St Mathews en un joyau patrimonial. Un partenariat entre la Ville de Québec, le diocèse anglican et le ministère de la Culture, entre autres, a permis de préserver comme il le dit lui-même, ce coin d’Angleterre dans le quartier St-Jean-Baptiste.  Ce lieu figure aujourd’hui dans les circuits touristiques de la Ville de Québec.

Par la suite, nous avons eu le plaisir d’entendre Nancy Shaink, doctorante en théologie, animatrice et artiste multidisciplinaire, très active dans le Centre du Québec. Par son approche artistique et culturelle, madame Shaink contribue depuis plusieurs années à la promotion du patrimoine funéraire auprès de toutes les générations en faisant vivre à chaque participant à ses ateliers des expériences particulières comme par exemple, le frottis de pierres tombales pour en tirer des esquisses uniques.

Le cycle des présentations s’est terminé par celle d’Alain Tremblay, fondateur de l’Écomusée de l’Au-delà. Après un retour sur son parcours de défenseur reconnu et salué de la cause de la sauvegarde du patrimoine funéraire, monsieur Tremblay nous a fait partager ses réflexions sur les changements qu’ont connus les cimetières au cours de ces dernières années, en particulier ceux de Montréal. Il nous a aussi dévoilé son idée d’une mnémothèque, un futur mémorial dédié au culte des morts, alliant nouvelles technologies et répondant à la nécessité de fournir aujourd’hui un lieu virtuel pour honorer nos disparus.

Quelques participants présents à la table-ronde du 2 novembre 2019 attentifs aux présentations (photo: Martin Boucher)

Enfin, sous la houlette expérimentée de Jean Robert Faucher, l’assistance a ensuite plongé dans une plénière qui a abouti à une déclaration commune que vous pouvez lire à la fin de cet article. Beaucoup de passion, beaucoup d’idées partagées au cours de ces échanges, et à la fin, un consensus tout à l’honneur de ceux et celles qui ont bien voulu y contribuer.

Le conseil d’administration de Pierres mémorables remercie toutes les personnes qui ont participé au succès de cette table ronde et espère que nous verrons bientôt les retombées de l’engagement commun qui a conclu cette intéressante journée.

Brigitte Garneau, anthropologue, autrice lors de sa présentation devant les participants de la Table-ronde du 2 novembre 2019

Il faut saluer ici le travail d’Ève L’Heureux, vice-présidente du c.a. de Pierres mémorables, et de sa collaboratrice Sunny Létourneau, administratrice, pour l’organisation de la journée. Tenue dans un lieu parfaitement choisi, l’activité s’est déroulée rondement, au grand plaisir des participants et participantes. Un grand merci à Jean-Robert Faucher, journaliste, réalisateur et consultant en patrimoine qui a mené de main de maître les échanges et les discussions . Le choix de monsieur Faucher s’est révélé le plus judicieux, à preuve le succès de cette rencontre.

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