Le plus grand cimetière du Québec a un nouveau directeur. Après le départ à la retraite de Yoland Tremblay, le 1er janvier 2017 (après 21 ans de service),  remplacé par Manon Blanchette, une professionnelle du domaine de la muséologie, entrée en fonction le 31 octobre 2016.  Celle-ci avait même été nommée présidente-directrice générale, une première pour une fabrique paroissiale. Congédiée après seulement quatre mois, madame Blanchette fut remplacée par Daniel Cyr le 23 mars 2017, le successeur pressenti de l’ancien directeur pour un très long intérim. Depuis le début de janvier 2019, le cimetière Notre-Dame-des-Neiges a enfin son nouveau directeur en la personne de Luc Lepage, semi-retraité et gestionnaire d’expérience du domaine de la santé. Les difficultés à recruter un remplaçant donnent la mesure des défis à relever. des défis, celui-ci en aura plusieurs. Le premier, et non le moindre, sera la négociation simultanée de trois conventions collectives, à savoir celle des employés du cimetière, celle des employés de bureau du cimetière et celle des travailleurs de la Basilique Notre-Dame. Grosse commande qui devra tenir compte de l’état des finances du cimetière et de la basilique.

Le second défi sera de répondre aux nouvelles réalités contemporaines en ce qui concerne les services funéraires, qui sont en grande transformation. Il lui faudra s’adapter aux nouveaux rituels et au désir de la population de fréquenter des cimetières plus écologiques. Le directeur arrivera-t-il à convaincre ce segment de marché qui aime les places en mausolées et qui opte pour les funérailles traditionnelles, de changer ses habitudes ? Offrira-t-il des solutions alternatives aux monuments faits en série, la plupart du temps en Chine, de faible valeur artistique et dont l’installation sur de grandes fondations collectives en béton est désastreuse tant sur le plan environnemental que patrimonial ? Rappelons que les quatre cimetières de la montagne comptent déjà plus de 175000 monuments et que l’espace commence à se faire rare. Saura-t-il convaincre ses administrateurs de prendre le virage de la gestion durable et différenciée des espaces selon des principes écologiques, comme le réclame la population ? Tout cela pour éviter que les clients ne désertent le cimetière et ne se tournent vers des entreprises plus ouvertes aux nouveaux rituels et plus sensibles à l’environnement.

Finalement, le défi suprême sera de démocratiser l’institution qui idéalement, devrait être municipalisée. N’est-il pas grand temps que la population ait son mot à dire sur l’avenir d’un lieu qui les concerne ? Le fardeau d’assurer le devenir du plus important cimetière du Québec n’est-il pas trop lourd à porter pour une fabrique paroissiale ?

Espérons que monsieur Lepage, qui, même s’il n’a pas œuvré dans le domaine de l’industrie funéraire, saura relancer le cimetière, régler convenablement les conventions collectives en suspens, faire face à ses administrateurs que sont le curé et le conseil de fabrique et les marguilliers, s’ouvrir aux idées nouvelles et être à l’écoute de ceux qui réclament plus de démocratie et de transparence.

Nous tenons en terminant à féliciter monsieur Lepage pour sa nomination. Nous désirons lui offrir tout notre appui moral dans cette entreprise. Nous lui offrons, s’il le juge à propos, de mettre à sa disposition tout le savoir et l’expertise des professionnels de notre institution qui, depuis plus de 25 ans, chérit ce lieu et en fait la promotion.

Entrée magistrale du plus grand cimetière du Québec : 343 acres qui se déploient sur les pentes du Mont-Royal à Montréal (photo: A. Tremblay, 2013).

0 réponses

Laisser un commentaire

Rejoindre la discussion?
N'hésitez pas à contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *