Rédactrice en chef : F. Rémillard
Révision : R. Larocque
Conception et montage : F. Rémillard
Correction d’épreuve : S. Beaumont

Dernièrement, l’entreprise Alfred Dallaire Memoria a fait distribuer par ses maisons de Montréal une circulaire qui fait la promotion de rituels funéraires écologiques, de cérémonies champêtres, de rituels en harmonie avec la nature, etc.

L’entreprise offre des «urnes botaniques» qui deviendront des arbres. Cependant, son produit vedette semble pointé vers l’urne de glace qui, une fois déposée sur un lac ou une rivière, fondra lentement et permettra aux cendres de se disperser. Plusieurs compétiteurs, dont des administrateurs de cimetières, trouvent la proposition «suicidaire» car, non seulement cette idée remet en question la fonction même des cimetières, mais elle compromet également leur avenir. Bien que ces rituels soient intéressants à première vue, ils soulèvent selon eux plusieurs questions. Pourquoi la clientèle payerait-elle 700$ à 800$, alors qu’elle peut très bien organiser ces funérailles elle-même sans frais? Est-ce là une offre de services désespérée de la part d’une entreprise funéraire qui ne sait plus comment retenir sa clientèle?

Est-ce le début de la fin des cimetières ou des entreprises funéraires? À suivre…

Depuis quelques années, le monde industriel affiche un engouement marqué pour le champ des nanotechnologies. Chaque année, les États investissent des milliards de dollars en développement et recherche dans ce champ d’expertise. Plusieurs secteurs d’activité s’y intéressent : biomédical, électronique, métallurgique, textile, cosmétique, pour ne nommer que ceux-là. Pour le commun des mortels cependant, le concept des nanoparticules demeure vague. En fait, il s’agit, comme l’indique la racine étymologique de nano, qui signifie nain, du domaine du très petit. La taille des nanoparticules est de l’ordre du milliardième de mètre (10 – 9 m). Ces particules sont donc invisibles à l’œil nu et seuls certains super microscopes arrivent à les détecter. À cause de leur taille, ces particules sont dotées de propriétés souvent très différentes des substances de même composition, mais de taille normale. Ce sont ces propriétés qui fascinent les chercheurs. L’industrie en tire déjà une vaste gamme de produits : peintures antigraffitis, vitres autonettoyantes, textiles résistants aux odeurs, matériaux anticorrosion en sont quelques applications actuellement sur le marché.

Détail de l’ange après restauration, Photo CCQ

Les restaurateurs professionnels du Centre de conservation du Québec (CCQ), toujours à l’affut des nouveautés dans leur discipline, s’intéressent également à ces nanoparticules. Ainsi, Isabelle Paradis a récemment eu recours à la nanochaux pour le traitement d’une œuvre en marbre. Un ange très délicatement sculpté, l’œuvre d’un artiste inconnu, circa 1900, provenant du cimetière de Saint-Patrick, à Québec, a été ainsi consolidé. Il avait été fragilisé autant par les mousses et les lichens que par la pollution sulfurée qui forme une croute noire dans les zones en retrait, croute qui entraine des desquamations (perte de la couche superficielle). Le bel ange était donc en piteux état et l’érosion de surface pouvait atteindre 3 mm de profondeur par endroits. Dans cet état, il ne pouvait même pas être nettoyé sans risque. Isabelle l’a donc préconsolidé par l’application d’une solution de nanochaux. Cette chaux étant beaucoup plus fine que les chaux ordinaires, elle pénètre profondément dans la pierre et permet de ce fait une meilleure consolidation. Elle a pour effet de restituer au marbre, essentiellement constitué de carbonate de calcium, un peu de son calcium perdu. L’ange a ensuite été nettoyé par microabrasion et la consolidation s’est poursuivie par des applications répétées et à saturation de solutions de nanochaux. Une consolidation finale au silicate d’éthyle a complété le traitement. Isabelle Paradis se dit très satisfaite du résultat puisque le traitement à la nanochaux a permis de diminuer passablement l’absorption d’eau par la pierre, ce qui améliore d’autant sa capacité de résister aux intempéries. Elle entend intégrer la nanochaux à ces traitements de pierres calcaires à l’avenir.

En même temps donc que cet ange est retourné au cimetière, les nanotechnologies y ont fait leur entrée.

Ève L’heureux, en plus d’être étudiante à la maîtrise est membre active de Pierres mémorables. (Photo: Suzanne Beaumont)

Une étudiante en muséologie de l’université Laval s’est donné la généreuse et audacieuse mission de mettre ses connaissances au service de la conservation et de la mise en valeur des cimetières. Sortir des sentiers battus ne fait pas peur à Ève L’Heureux. En effet, cette dernière a annoncé qu’elle consacrera son stage à une étude de faisabilité portant sur le projet de mise en valeur du cimetière de Laval, qui est associé au centre funéraire Magnus Poirier. Ce projet, elle le mènera en collaboration avec l’Écomusée de l’Au-delà, sous la direction d’Alain Tremblay.

La désaffectation des cimetières pèse lourd sur le potentiel de survie de notre patrimoine funéraire pourtant riche d’histoire, d’art et de culture. La réappropriation des lieux pourrait-elle constituer une avenue pour les redynamiser ? C’est le pari que fait Ève. Celle-ci a déjà circonscrit les quatre volets de son projet, qui sont :

 

  1. une définition du projet
  2. une analyse contextuelle des aspects légaux, sociaux, organisationnels et environnementaux ; une évaluation, qui comprend :
    • une étude de marché et
    • un examen des ressources matérielles et financières;
    • la rédaction de l’étude de faisabilité.

À ce stade du projet, Ève est ouverte à tout. Elle envisage, entre autres, d’évaluer la possibilité de recycler un bâtiment existant dans le cimetière pour en faire un centre multidisciplinaire, qui inclurait un centre d’interprétation pouvant éventuellement devenir « une plateforme de valorisation du patrimoine funéraire mobilier québécois.» Dans ce projet, l’étude de marché et l’examen des ressources seront déterminants.

L’objectif de cette étude de faisabilité est d’évaluer la pertinence d’un modèle pour redynamiser les cimetières, les mettre en valeur et, de ce fait, les protéger. Selon Ève, « ce projet et l’étude qui suivra feront peut-être enfin tomber les murs qui séparent la société de son passé et de ses cimetières.» Les résultats de son étude sont attendus par tous les amoureux de cimetières.

Bonne suite Ève.

En 1775, lors de l’invasion américaine de la « Province of Quebec », Mgr Jean-Olivier Briand, Évêque de Québec, ainsi que plusieurs seigneurs, demandent au peuple d’être loyal envers les Britanniques qui venaient de conquérir leur pays, quinze ans plutôt. La plupart des Québécois de l’époque restent neutres. Mais malgré les menaces d’excommunication, quelques centaines osent collaborer avec les indépendantistes des 13 colonies de la Nouvelle-Angleterre qui voulaient que le Canada devienne la 14e colonie dans l’Union américaine. Ainsi, sur la Côte-du-Sud, plusieurs habitants vont aider les troupes de Benedict Arnold qui arrivaient par la rivière Chaudière. Dans la région de Montréal, de nombreux Canadiens ont sympathisé avec les troupes de Richard Montgomery qui progressaient par la rivière Richelieu.

Après l’échec de l’invasion américaine, Mgr Briand refuse les sacrements aux Canadiens rebelles et à leur décès, certains se verront refuser la sépulture en terre sacrée. L’un de ceux-là, Pierre Cadrin, de Saint-Michel-de-Bellechasse, « choisira de se faire enterrer sur la terre qu’il a défrichée », comme le raconte son descendant Gaston Cadrin dans Les excommuniés de Saint-Michel-de-Bellechasse au XVIIIe siècle (Les éditions GID, Québec, 2015). Ce cimetière improvisé accueillera quatre autres rebelles de l’endroit. Un siècle plus tard, en octobre 1880, le journaliste de La Sentinelle de Montmagny a assisté « à l’exhumation des restes de cinq cadavres enterrés dans un champ …[et a] été témoin de leur réinhumation [sic] dans le cimetière réservé aux enfants morts sans baptême ».

Resurectionem, Œuvre de Lewis Pagé, proposée pour commémorer les exclus de Saint- Michel,. (photo: Gaston Cadrin)

Aujourd’hui, ces rebelles mériteraient d’être pleinement réhabilités par une inhumation avec les baptisés. De plus, on projette de les honorer par l’érection prochaine, dans le cœur institutionnel de Saint-Michel-de-Bellechasse, d’une sculpture commémorative (Resurrectionnem), œuvre de Lewis Pagé : (photo ci-dessus). L’histoire des exclus de ce cimetière n’est pas sans rappeler l’affaire Guibord : après quatre procès, l’Institut canadien a finalement obtenu en 1874 que son membre Joseph Guibord soit inhumé, manu militari, dans la partie bénite du cimetière de la paroisse Notre-Dame-de-Montréal  (cf. Choisir la crémation dans La veille ).

Note de l’éditrice : L’auteur, Gaston Cadrin, recevait le 21 mai dernier, le prix de reconnaissance de la Fédération des sociétés d’histoire, pour son ouvrage, Les excommuniés de Saint-Michel-de-Bellechasse.

En juin prochain (2016) , les amateurs de patrimoine archéologique pourront découvrir en librairie une nouvelle publication consacrée à l’archéologie montréalaise, intitulée « Lumières sous la ville : quand l’archéologie raconte Montréal ». Sous la direction d’Anne-Marie Balac et de François Bélanger, une quarantaine d’auteurs, la plupart archéologues, nous font partager leur passion. Ils nous proposent de découvrir des sites majeurs du passé montréalais. Voyage à travers le temps et à travers l’espace insulaire. Nous plongeons dans le Montréal d’avant la lettre, parcouru par des groupes nomades ou semi-sédentaires qui fréquentent le mont Royal et ses alentours, taillent la pierre et enterrent leurs morts… et qui rencontrent un jour un Malouin, Jacques-Cartier, dont le récit ethnographique nous fait passer de la préhistoire à l’histoire. Puis, c’est la petite ville française qui se constitue, avec le fort de Ville-Marie, le Séminaire de Saint-Sulpice, la première église Notre-Dame et son cimetière, la foire des fourrures, le château de Vaudreuil, la première chapelle de pierre de Notre-Dame-de- Bonsecours, les missions, les forts et les moulins qui font le tour de l’île et dont les vestiges se révèlent peu à peu aux archéologues. Le vent tourne et la Conquête survenue, après avoir accosté sur l’île Sainte-Hélène, nous pénétrons dans l’intimité de familles modestes du Faubourg Québec, dans l’activité bourdonnante du marché Sainte-Anne-Parlement du Canada-Uni, dans l’édifice prestigieux de la Royal Insurance Company ainsi que dans le fameux hôtel Rasco, dans le Vieux-Montréal. Sans oublier, bien sûr, les témoins retrouvés du port de Montréal et du canal de Lachine. Enfin, après quelques propos illustrant comment l’archéologie, science du passé, est résolument tournée vers l’avenir, un épilogue poétique nous fait voyager encore plus loin dans le temps, jusqu’aux origines des Montérégiennes et à la lente transformation du paysage montréalais.

C’est dans le cadre de l’Entente sur le développement culturel de Montréal, signée entre la Ville de Montréal et le ministère de la Culture et des Communications, que cette première publication d’envergure sur l’archéologie montréalaise a pu voir le jour. Après une quarantaine d’années de recherches, le temps est venu de redonner aux Montréalais des parcelles d’une longue mémoire et une identité qui leur est propre, inscrite dans le sol. Voilà qui est fait !

Référenec complète:

BALAC, Anne-Marie et François BÉLANGER (dir.), 2016 : Lumières sous la ville : quand l’archéologie raconte Montréal. Collection Signes des Amériques, 15. Recherches amérindiennes au Québec. 307p. Également disponible en version électronique

Le 5 avril dernier, la Coopérative funéraire des Deux Rives lançait officiellement la construction de ce qui deviendra le plus grand centre funéraire québécois à l’est de Montréal. Un investissement de 7 millions de dollars permettra l’ouverture, dès la fin de 2016, d’installations d’une superficie de 15 000 pieds carrés sur les lieux du Cimetière Saint-Charles.

« La construction de ce complexe moderne et complet permettra à la Coopérative d’être en phase avec la tendance lourde de l’industrie, qui veut qu’on retrouve tous les services sous un même toit, sur le site même du cimetière. C’est également une annonce très importante sur le plan économique », explique M. Garry Lavoie, directeur général de la Coopérative.

En effet, le centre comprendra quatre salles d’exposition, une salle de recueillement, des bureaux administratifs, ainsi qu’un espace « lounge café » permettant aux familles de se rencontrer avant et après les cérémonies. Le bâtiment prévoit également une boutique funéraire où les invités pourront acheter fleurs et objets commémoratifs à remettre aux familles.

Par ailleurs, la construction du complexe s’inscrit dans une logique de développement durable, par laquelle la Coopérative se démarque depuis plusieurs années. L’installation d’un système de chauffage géothermique permettra à la Coopérative de poursuivre ses efforts vers l’atteinte d’un bilan carbone nul. Les plans prévoient également que la disposition de l’immeuble favorise l’exploitation de l’énergie passive par l’éclairage naturel.

Dessin montrant une vue en perspective du centre funéraire . ( fourni par la Coopérative des Deux Rives)

Dans le dernier numéro de La Veille (Les mausolées ces mal-aimés) , il avait été question de mausolées. Les coûts d’entretien de ces bâtiments et les obstacles au processus de restauration avaient alors été abordés. Dans le présent article, nous justifierons l’intérêt patrimonial de ces bâtiments et dirons pourquoi il est important de les conserver.

Une question d’éthique

Les mausolées résultent habituellement d’élans individuels visant à pérenniser la mémoire d’un défunt et de sa famille. Les conserver peut donc être assimilé au respect des dernières volontés sacrées énoncées par un individu avant son grand départ pour l’au-delà.

Mausolée des Couture, Cimetière du Mont-Marie, Lévis, (Photo: France Rémillard)

Bâtiments repères et bâtiments témoins

Tout comme les châteaux en Europe, les clochers sont chez nous des repères identitaires des villes et des villages. Dans les cimetières, les mausolées jouent le même rôle que les clochers des églises : ces petits bâtiments dominent le champ des morts et font partie intégrante de l’aménagement d’ensemble d’un cimetière-jardin. Ils marquent le paysage du lieu. De nos jours, peu de gens commandent ce type de construction funéraire. Ils sont donc l’expression des us et coutumes d’une autre époque dont il est important de conserver les traces dans une société en constante évolution.

L’organisation spatiale de nos cimetières offre un microcosme de notre société : les nantis s’implantent bien haut et bien en vue, alors que les autres groupes sociaux se manifestent plus modestement au travers d’îlots de stèles, fondus dans une des multiples agglomérations du jardin funéraire. Les membres des communautés religieuses se regroupent uniformément et sans ostentation dans des enclos dédiés à leur mémoire : ils demeurent ainsi en communauté.

Œuvres architecturales d’intérêt

Les mausolées apparaissent comme des œuvres architecturales intéressantes parce qu’elles s’inscrivent dans la dynamique des styles de l’histoire de l’art et de l’architecture. Les emprunts stylistiques sont variés et remontent à des époques aussi lointaines que le IVe siècle av. J.-C., alors qu’Artémise, épouse sans descendance de Mausole, un gouverneur grec, fait édifier le premier bâtiment monumental – et le premier mausolée – à la mémoire de son bien-aimé. C’était bien pour apprendre cette grammaire des styles qu’à l’époque où je fréquentais l’école d’architecture de l’Université de Montréal, le professeur nous envoyait croquer et relever ces éléments architecturaux éclectiques fort présents au cimetière de Notre-Dame-des-Neiges.

Mausolée Ulric Tessier, cimetière Notre-Dame-de-Belmont, à Québec. (Photo F. Rémillard)

Biens historiques collectifs

Les mausolées sont des biens familiaux et privés qui, souvent par le biais de l’histoire, acquièrent un intérêt collectif qui leur confère le statut de biens publics. Ils méritent ce statut du fait de leur prestance physique et esthétique, mais également grâce à leur pouvoir de matérialiser l’histoire de grands personnages, habituellement des gens en autorité ou appartenant aux plus hauts niveaux de l’organisation sociale. En somme, des personnes ayant marqué leur collectivité. Pour toutes ces raisons, les mausolées devraient être objets de fierté et de respect.

Dans le présent article, nous avons choisi trois exemples significatifs relevés dans trois lieux de sépulture différents. Alain Tremblay,  nous en révélait un quatrième: celui de Napoléon Bourassa.

Le mausolée Couture au cimetière du Mont-Marie, à Lévis

Ce mausolée-caveau, à la façade ouvragée, date de 1888. Construit à flanc de colline, sur un soubassement épaulé par un enrochement rappelant le stomium mycénien, ce tempietto est accessible par un escalier monumental agrémenté d’une rampe massive menant à sa porte de fer. Tout l’esprit du style palladien explose dans cet emboîtement de portails à frontons cintrés supportant un attique. Tout évoque la porte céleste et s’inscrit dans la manière et la composition des nombreuses façades d’églises de Vicenze, signées Andrea Palladio et remontant à la Renaissance.

Cette construction mortuaire abrite la dépouille de George Couture (1824-1887), homme d’affaires prospère avec son magasin général et ses traversiers, ce notable sera maire de Lévis pendant onze avant d’être appelé au Conseil législatif sous Jos.-Adolphe Chapleau. Cet éminent personnage est un digne descendant de la cinquième génération de Guillaume Couture, premier colon et maître de la seigneurie de Lauzon, aujourd’hui Lévis.

Le mausolée d’Ulric Tessier

Ce monument, érigé au cimetière Notre-Dame-de-Belmont, à Québec, a déjà été présenté dans notre précédent bulletin. Émouvante construction, le mausolée d’Ulric Tessier nous captive par son opulence. D’un style puisant au roman et au byzantin, il est en pierre de taille et présente un plan en forme de croix. On y accède grâce à un portail cintré flanqué de colonnes et de pilastres. Le bâtiment est percé de fenêtres géminées et son intérieur dispose d’un autel . Au-dessus du portail le visiteur remarque un mascaron à tête de pleurant, selon Thérèse Labbé dans «Cimetières: patrimoine pour les vivants», il s’agit d’un exemple unique au Québec du thème funéraire de la déploration.

Il protège le repos éternel de Joseph-Ulric Tessier (1817-1892), enfant du pays, décrit comme avocat, homme politique, professeur, homme d’affaires, seigneur et juge. Ce notable fut aussi maire de Québec et sénateur. Fondateur de la Banque nationale, on retient de lui son action pour créer un ensemble de sociétés financières qui allaient permettre aux francophones de prendre leur place dans la vie économique du Québec.

Le mausolée Desbarats

Cette œuvre funéraire a également été décrite dans le précédent bulletin. Elle s’élève dans le cimetière de Notre-Dame-des-Neiges, à Montréal. Conçu dans l’esprit de l’architecture mycénienne, ce petit temple présente une façade architecturée composée d’un fronton porté par un entablement reposant sur des colonnes et de massives pierres de taille. Des acrotères à palmette surmontent le toit pentu. Les deux projections latérales en pierres taillées à l’antique esquissent le stomium mycénien (couloir à ciel ouvert menant au portique). Derrière cette façade se trouve le tumulus soutenu par un voûtement, le tholos, qui abrite les sépultures.

Ce bâtiment a été érigé à la mémoire de George-Édouard-Amable Desbarats, (1838-1893) un avocat qui mènera une brillante carrière dans l’édition et l’imprimerie. Avec son associé, William- Augustus Leggo, il invente deux procédés de reproduction visuelle en imprimerie : la similigravure et la photogravure, aussi appelée Leggotype. Ces inventions lui valent de devenir le premier imprimeur officiel du Canada. Il est le fondateur de nombreux périodiques illustrés, dont le Canadian Illustrated News, en 1869, et l’Opinion publique, en 1870.

Mausolée Desbarats, Cimetière Notre-Dame des neiges, Montréal. (photo Janine Huot).

Ces trois monuments, évocateurs d’histoire et d’us et coutumes, constituent des trésors de mémoire de grande valeur. Les personnages qui leur sont associés sont des sources de fierté nationale. Ils devraient être chéris. Or, ils sont en mauvais état et si rien n’est fait ils continueront de s’endommager jusqu’au point de non-retour.